Mercredi 14 décembre 2011
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L’Extrême Nord du Cameroun semble être la région de tous les extrêmes !
Bien que le contexte socio politique dans cette région soit relativement « stable », les professionnel(le)s de Saare Tabitha et leurs partenaires sont quotidiennement
confronté(e)s à des manquements importants qui rendent le travail en faveur de la justice sociale et la paix dans cette partie du Cameroun, particulièrement difficile.
L’ignorance des lois et textes légaux en vigueur, l’accès difficile aux instances juridiques en place, la discrimination et la marginalisation persistante des
Filles et Femmes dans cette région du Cameroun ainsi que la difficulté pour la majorité des Femmes et des Hommes en zones rurales de résoudre les problèmes existentiels tels l’accès à l’eau
potable en saison sèche pour tous/toutes, l’accès aux soins de santé dans les régions reculées, l’éducation de base pour les enfants de sexe féminin, constituent des bases sur lesquels reposent
la plupart des conflits qui existent par ici.
Les conflits basés sur le Genre représentent d’après l’évaluation des participant(e)s 60% des conflits sur lesquels ils/elles sont impliqué(e). Soit comme intervenant(e)s
extérieures, soit comme faisant partie activement du conflit.
Les conflits culturels représentent 43% suivis des conflits religieux, 30%.
D’autres formes de conflits tels que les conflits socio politiques (26%) ou des conflits opposant les nomades et paysan(e)s (4%) ont été aussi mentionnés comme
formes de conflits rencontrés par les participant(e)s dans le cadre de leurs interventions. La liste est loin d’être exhaustive !
Face à la croissance des conflits sociaux dans les communautés au Nord Cameroun et la gestion souvent violente de ces formes d’expressions, il nous a semblé important dans le
cadre de nos actions en faveur de la justice sociale et la paix, de mettre un accent particulier sur les techniques de prévention et de gestion non violente de conflits.
Les 23 participant(e)s à cet atelier de 3 jours, issu(e)s pour la plupart des contextes professionnels, religieux et culturel différents, ont pu acquérir des instruments pouvant
les aider à mieux communiquer de manière non violente, dans le respect des intérêts d’autrui, face à des conflits.
La médiation occidentale et classique, comme moyen de gestion non violente leur a été présentée sous forme d’exposé. A la suite des travaux en groupe, les
participant(e)s ont pu prendre conscience des formes de médiations traditionnelles qui existent dans leurs contextes socio culturels et religieux au Nord Cameroun.
En s’appuyant sur des cas concrets, ils/elles ont pu identifier les étapes traditionnelles de la médiation et créer un nouveau modèle adapté à leur contexte et qui repose sur la
forme classique et traditionnelle de la médiation.
Nous espérons vivement que ces instruments aideront efficacement les participant(e)s à mieux identifier, analyser, gérer et résoudre de manière non violente les conflits sociaux
qui marquent très souvent le paysage socio culturel et religieux à l’Extrême Nord du Cameroun.
Une évaluation est prévue 6 mois après cet atelier. Elle nous permettra de savoir si ces instruments ont contribué ou non à une meilleure gestion des conflits
par les participant(e)s !
Vous pouvez commander l'intégralité du rapport de cet atelier (53 pages) en envoyant un email à: direction@saaretabitha.maroua.org
Viviane Tassi Bela
Cathérine
Kolyang
Professionnelle
EED/SCP
Directrice Saare Tabitha